Faits divers du quartier Saint-Agne Toulouse
A saint-Agne chez les radicaux.
Le parti radical qui, mercredi accusait les socialistes d’avoir faussé l’annonce de la réunion de Marengo par peur de la contradiction à eu satisfaction jeudi à Saint-Agne. Le citoyen Milhaud donné une réunion dans le populeux faubourg. « La vierge du parti radical », comme le présente le président de séance, adresse au parti socialiste les habituels critiques, le rendant responsable de la faillite du cartel. Il s’élève contre le prélèvement sur le capital, prétend réaliser la justice fiscale par une adaptation sur l’impôt sur le revenu, et après avoir adressé un hymne de louange à M. Poincaré, il essaie de démontrer que le parti socialiste n’est qu’un parti de violence et de révolution. Le jeune néophyte récolte les applaudissements des quelques radicaux qui l’entourent. Le camarade Billières, délégué pour remplacer Bedouce retenu à Marengo, prend la parole. Aux acclamations de la salle, en termes précis, suivant pas à pas l’exposer du candidat radical, il complète le dossier de M. Milhaud et lui donne une magistrale leçon d’histoire en interprétant à la lumière des faits la politique du parti radical dont l’impuissance a permis le retour au pouvoir des hommes contre lesquels ils s’était dressé. Et dans une éloquente péroraison il déclare : « Non, radicaux, le pays n’a plus confiance en vous, parce que aux heures difficiles, alors que se posait la question essentielle du programme, la moitié de vos élus, oubliant les engagements les plus sacrés, a abandonné son chef et est passé à l’ennemi ».
De nombreux électeurs font à Billières une magnifique ovation et les mâles paroles de l’Internationale, reprise en cœur par une salle enthousiaste, portent aux radicaux atterrés les espérances des travailleurs. Dans sa réplique hachée d’interruptions, le candidat commente à sa façon l’article 1 de nos statuts. Comme il n’en a qu’un texte incomplet, un de nos militant, passe aux amis du citoyen Milhaud un texte complet afin que les radicaux puissent désormais le lire dans son intégralité. Malgré la demande qui lui est faite, le président lève la séance sans présenter un ordre du jour. Les radicaux auront compris que ce n’est pas à Saint-Agne qu’on peut impunément attaquer le socialisme. C’est un triomphe que notre faubourg réserve au vénéré camarade, qui depuis plus de trente ans mène le bon combat pour l’affranchissement des travailleurs.
(Midi Socialiste – 7 avril 1928)